Le Château de Landonvillers

Historique du Château


Le Château en hiver Le Château en été Le Château en vue historique

(Cliquez sur une image pour l'agrandir)


Une étrange vision s’offre à celui qui vient à Landonvillers par la route de Courcelles-Chaussy. Comme sorti tout droit d’un conte de fées, un imposant château d’aspect médiéval dresse fièrement ses tours dans le ciel lorrain. Rien de commun avec les petits manoirs ou les constructions classiques que l’on peut rencontrer dans notre région. Cependant, la silhouette actuelle du château de Landonvillers, ce rêve héroïque devenu pierre, ne date que du début du 20ième siècle!



Le château en 1906
Aspect après l’achèvement des travaux, en 1906.


C’est Thomas du Chat, seigneur de Landonvillers, qui fit bâtir à la fin du 16ième siècle le premier et sobre châtelet de style Renaissance.
Souvent vendu ou transmis par héritage, il abrita au cours des siècles et jusqu’à la Révolution de nombreuses et nobles familles. Ainsi,au 18ième siècle, François Louis de Saint-Blaise, donna au village son blason « d’azur et d’argent ».

Au 19ième siècle, succédant au baron Charles de Montigny, le député Charles-Joseph de Bouteiller, membre de l’Académie de Metz, rebâtit entièrement l’ancienne maison seigneuriale et aménagea un magnifique parc, enrichi d’un gigantesque séquoiadendron, arbre d’une extrême rareté en Europe.



Le château en 1902
Le château de Landonvillers, tel qu’il apparaissait encore en 1902.


Le riche industriel allemand John von Haniel, originaire de Westphalie, acheta en 1891 la demeure pour y prendre sa retraite. Il désirait également devenir le « voisin » de Guillaume II, qui venait de s’installer à Urville un an auparavant, car une certaine amitié liait les deux hommes. On peut d’ailleurs s’étonner que l’empereur ne soit jamais venu à Landonvillers. Mais la tradition populaire en donne quelques explications cocasses…
Le docteur Haniel, se sentant à l’étroit dans l’ancien château français, fit ajouter en 1903 une importante aile de style Renaissance, richement décorée.

Vers 1900 avait démarré en Alsace la reconstruction du légendaire Haut-Koenigsbourg, sous la direction du célèbre architecte Bodo Ebhardt, considéré comme le Viollet-le-Duc d’outre-Rhin. Probablement après une visite de ce chantier, John von Haniel, pris de « fièvre médiévale », demanda à Ebhardt de lui ériger un grandiose donjon d’habitation carré dans l’esprit du Moyen-Age et un beffroi élancé culminant à cinquante mètres.



Le château en 1904
La nouvelle aile, au début de l’année 1904.
Les tours sont encore absentes.


La pierre alimentant l’important chantier n’était pas du grès rose des Vosges, comme on le pense souvent. Les massifs blocs furent livrés à grands frais d’Allemagne par le train, extraits des carrières de Kyllburg et de Büren, terre natale du nouveau châtelain. Une unique encyclopédie de styles vit le jour, où éléments romans, gothiques et Renaissance, voire Art Nouveau, se mêlent en un riche symbolisme, souvent marqué par les aspirations ésotériques et maçonniques du maître des lieux.

John von Haniel, qui décéda subitement en 1912, ne vit plus la mise sous séquestre de sa maison en 1918, à la fin de la Grande Guerre. François de Marmier, héros de l’aviation française, prit sa succession et tenta, avec un succès mitigé, de transformer le domaine en une exploitation agricole moderne, d’après les méthodes intensives qu’il venait de découvrir aux Etats-Unis. Sa santé déclinant, il dut vendre son train de culture et, en 1932, le château devint la propriété de Hospices Civils de la ville de Metz.

Il servit alors tout à tour d’école de plein air, de quartier général aux belligérants durant la Seconde Guerre mondiale, d’abri pour les moutons et de salle des fêtes pour l’amicale du personnel du CHR Metz-Thionville ! Ayant d’autres priorités que celles de soigner les vieilles pierres, l’hôpital en décida la vente au début des années 1990.

Blessé par deux guerres, mal-aimé, abandonné pendant de trop nombreuses décennies, le château de Landonvillers semblait endormi à tout jamais. Mais depuis 1993, les lumières se rallument, le parc refleurit et l’art et la musique réaniment cet endroit mythique. Effectivement, Norbert Vogel, psychothérapeute et fou d’histoire, a relevé le défi de faire revivre ce joyau de notre patrimoine, maintenant inscrit à Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Grâce à son initiative, de nombreux concerts classiques ravissent les mélomanes et les expositions de peinture sacrée ont connu un retentissement international. Le rêve de Norbert Vogel? Mener à bien rapidement son projet de création d’un musée d’icônes anciennes dans les étages supérieurs du donjon. Ce serait le premier en France.

Le château n’est pas régulièrement ouvert au public, mais d’importantes manifestations culturelles sont en préparation.

La Belle au Bois Dormant vient de s’éveiller. La nouvelle vie du château de Landonvillers ne fait que commencer…

Le Blason du Château de Landonvillers
Haut de Page